Bienvenue sur Ahnif & Tamelaht

Ahnif, la RN5 fermée

Ahnif, chantier du tronçon autoroutier qui relie El Adjiba à Bordj Bou-Arréridj

Les ouvriers algériens de la Citic-Ctc montent au créneau

Encore une fois, les ouvriers algériens employés par l’entreprise chinoise Citic-Ctc, chargée de la réalisation du tronçon autoroutier El Adjiba-Bordj Bou-Arréridj, sont montés au créneau pour protester contre les conditions de travail dans lesquels ils exercent depuis maintenant plusieurs mois. Hier dans la matinée au alentours de 07h20, une centaine de ces ouvriers, scindés en deux groupes, le premier rassemblé devant la base de vie des Chinois tandis qu’un second s’est positionné au niveau du croisement des routes nationales N° 5 et 15, au lieu-dit Maillot gare.

A une centaine de mètres de la base de vie où se trouvait à l’arrêt des dizaines d’engins appartenant à l’entreprise chinoise, des ouvriers ont brûlé des pneus au milieu de la chaussée perturbant légèrement la circulation automobile sans, pour autant, la bloquer.  Parmi les badauds attroupés devant les pneus fumants, un élu de l’APW de Bouira, d’obédience FFS, visiblement décontenancé par la situation et qui ne pouvait que constater la furie des protestataires.

Certains de ces travailleurs qu’on a pu approchés nous expliqueront que’“leur condition de travail est plus que lamentable et n’a pas du tout changé, et ce, malgré les promesses données maintes fois par les patrons chinois.” “ Notre fiche de paie est floue et nous nous savons pas en réalité combien nous touchons comme salaire. Voilà, nous percevons un salaire de 12 000 DA pour les 22 jours que nous travaillons durant chaque mois. Normalement les jeudis et vendredis, jours de week-end sont respectivement payés le double et triple et doivent être comptabilisés comme heures supplémentaires, ce qui n’est pas le cas, en tout cas cela ne se lit pas sur notre bulletin de paie.  Idem pour les fêtes nationales qui  ne sont pas pris en considération”, expliquera un ouvrier qui brandissait sa fiche de paie. La question du salaire n’est vraisemblablement pas l’unique problème dont souffrent ces travailleurs comme nous ont affirmé les ouvriers rencontrés sur les lieux de la protestation. Selon eux, leurs conditions de travail sur le chantier sont très pénibles et risquées.  “Ce sont les premiers ouvriers arrivés sur le chantier qui hériteront du gros du travail quant, aux autres, ils sont automatiquement renvoyés. Cela étant, nous ouvriers algériens ne travaillons pas dans les mêmes conditions que les Chinois. Les puits d’une dizaine de mètres de profondeur dans lesquels nous travaillons sont des pièges humains.  On ne nous donne aucune sécurisation pour pénétrer dans ces évents. Impossible d’avoir un cache-oreille, ni masque à oxygène, alors que pour les Chinois ils sont dotés de toutes les protections nécessaires”, a affirmé un jeune qui dit travailler dans des puits de plus de 8 mètres de profondeur.  L’intimidation et la provocation font, d’après nos interlocuteurs, partie des pratiques quotidiennes auxquelles ont recours les patrons et parfois même les ouvriers chinois. “Si vous commencez à vous plaindre et à revendiquer vous droits, vous êtes systématiquement virés du travail”, nous a avoués un ouvrier licencié depuis peu car un peu trop revendicatif.  Pour certains protestataires, il n’est pas question de retourner travailler avec un tel salaire et dans les mêmes conditions. “Nous exigeons une augmentation des salaires, des primes et une amélioration des conditions de travail”, s’accordent-ils à dire.

A la question de savoir si ces ouvriers avaient fait part de leurs doléances à l’inspection de travail de Bouira, ils nous diront : “ Depuis le début du conflit avec l’entreprise chinoise, il y a de cela près de 8 mois, l’inspecteur du travail s’est déplacé plusieurs fois sur les lieux et s’est même entretenu avec les responsables de l’entreprise chinoise mais, a-t-il apporté des solutions à nos problèmes ?

La réponse est non ! Nos problèmes socioprofessionnels sont d’ailleurs restés les mêmes et ils s’accumulent au fil des mois”.  Pour rappel près de 700 ouvriers algériens sont employés par l’entreprise asiatique et il ne se passe pas une semaine sans qu’un conflit n’oppose ces ouvriers, soit à leurs patrons soit aux travailleurs chinois.  Conflits qui ne manqueront pas de se répercuter sur les délais de réalisation si aucune solution n’est apportée pour mettre fin à ces animosités. Les protestataires sont unanimes pour déclarer qu’il s’agit là de la dernière grève, car ils ne reprendront pas le travail tant que les ouvriers licenciés ne seront pas réintégrés dans leurs droits. Par ailleurs et malgré nos tentatives d’accéder à l’intérieur de la base, l’agent de sécurité, posté à l’entrée nous en interdira l’accès.                                

 Djamel M

17 août, 2008 à 13:19


Laisser un commentaire