Bienvenue sur Ahnif & Tamelaht
  • Accueil
  • > HISTOIRE
  • > Ahnif pendant la guerre 54/62//Vingt-quatrième partie

Ahnif pendant la guerre 54/62//Vingt-quatrième partie

Vingt-quatrième partie 

La 1ère Compagnie procède à la remise en état de la ligne téléphonique qui relie Merkalla au poste d’innesmane, tandis que la 3 répare celle d’Aïn Allouane à Tikjda. Une embuscade de trois hommes de la C.C.A.S. est mise en place, le 4 au soir, dans le ravin de l’Oued Tassala, à un kilomètre au Sud de la route d’Irhorat, là où un sentier traverse à gué le lit de l’oued. La nuit est relativement claire. Vers 23 heures, trois ombres apparaissent à une cinquantaine de mètres, venant du Sud, sur le sentier qui longe l’oued. En se déplaçant pour leur faire face, l’un des guetteurs fait rouler une pierre. Fuite éperdue des visiteurs, salué de quelques rafales de P.M.. En vain. On apprendra par la suite qu’il s’agissait de l’insaisissable Demouche et de ses acolytes Ouchene Slimane et Ouchene Saïd. 

Arrestation, le lendemain, de trois suspects qui habitent une mechta isolée du Ras Tickbouch. Du 6 au I5 mars, la 3ème Section détache une section de protection au chantier du Génie d’Aït Krerouf. Partisan 4 part en fin de soirée, le 9, pour la Forêt des Azerou, et, par Sélim et 804, vient tendre ses embuscades et poser des réseaux de mines autour du confluent du Chabet Bouchaven et de l’Oued Barbar. Opération de secteur, le 10 mars, dans la région de Tacca Iril N’zerouine, pour y rechercher l’infirmerie de la région 322. Le Commandant Maraval dispose de la C.C.A.S. (Capitaine Nodot) avec sa Section d’intervention et la Harka de Sidi Salah, de la 1ère Compagnie (Lieutenant Martin) deux sections et la Harka de Merkalla, et d’une Compagnie de Marche, aux ordres du Capitaine Scheibling, composée d’une section de la 3, d’une section de la 4, et des harkas d’El Esnam et d’Aïn Allouane. Les éléments rejoignent la Ferme Porcher, pour se joindre au convoi du P.C. – C.C.A.S., qui démarre à 6 heures. Les véhicules de la 1ère Compagnie prennent la tête du convoi au passage, et ceux de la 3 se rangent en serre file à Aïn Allouane. La colonne de véhicules s’arrête à l’abreuvoir de Tikjda, à 7 heures 20. Sitôt mises à terre, les compagnies commencent à progresser vers le Sud, par la piste de Tacca, 1ère Compagnie en tête. À 9 heures la base de départ est en place sur les positions suivantes :  – P.C. et C.C.A.S cote I044 - Lieutenant Martin : cote 1190 - Capitaine Scheibling : cote 9I7 et cote 860 Le ratissage commence à 10 heures en direction du Sud-Est.
La C.C.A.S découvre, vers 10 H I5, dans le ravin à l’Ouest de 89I, une cache qui renferme du ravitaillement : huile et semoule, en quantité assez importante, ainsi qu’une ampoule de produit pharmaceutique. À I2 H 30, un chasseur de la 1ère Compagnie ramasse dans l’Oued Ifri, à hauteur de 750, un ceinturon dont les quatre cartouchières contiennent soixante cartouches de 8 mm pour fusil Lebel, légèrement oxydées, mais encore utilisables. 


La C.C.A.S. trouve, vers I4 heures, une cache importante dans le Tacift Ifri, à cinq cents mètres au Sud d’Agouilal On y récupère des couvertures et quelques pièces d’habillement, mais surtout, une quantité importante de fruits et légumes frais. Regroupement terminé à Iril M’zerouine à I7 heures. Vingt minutes plus tard, le convoi arrive au rendez-vous. Retour à Bouïra pour I8 heures 30.  Une section de Partisan 4 pose des mines, le I5 au soir, sur la piste qui longe la falaise Sud du Ras Bouïra, le long de l’Oued Ed Douss, et regagne sa base, le matin du I6, après avoir récupéré ses engins. Même opération, le I5 au soir, autour de la ferme qui se trouve sur la falaise, au Sud de l’Oued Ed Douss, à un kilomètre de la Ferme Bel Air. Le Commandant Lonchampt fait ratisser la Crête des Turcs, le I6, par les 1ère, 3ème et 4ème Compagnies et la C.C.A.S. Le Lieutenant Martin aligne deux sections et la Harka de Merkalla, le Capitaine Nodot, la Section intervention du Sous-Lieutenant Maure, la Harka de Sidi Salah avec le Lieutenant Jacquier, et la Harka d’Irhorat, que commande maintenant le Sous-Lieutenant Duplantier Le Capitaine Bigot prend le commandement d’un sous-groupement formé d’une section et demie de la 4, d’une section de la 3, et de la Harka d’Aïn Allouane. Départ de la Ferme Porcher à 9 heures I5. Débarquement à la cote 550, sur la piste de la Crête des Turcs, à 10 heures. Le sous-groupement Bigot prend position à l’Est, sur 54I, la C.C.A.S. sur 589, au Sud de la piste, et la 1ère Compagnie à l’Ouest, sur 564. Début de ratissage à 10 H 30, en descendant vers l’Oued Ed Douss. La section de la 4 trouve une cache vide, à quatre cents mètres de son point de départ.
La Section Maure en découvre une autre, assez profonde, et la grenade. Le Lieutenant Martin signale, à 11 heures 35, la découverte d’une cache infirmerie, qui parait avoir été utilisée récemment, et dans laquelle les hommes de la 1ère Compagnie récupèrent un réchaud, un bidon de pétrole, des médicaments, un peu de ravitaillement, des blouses de toile grise et une paire de chaussures, ainsi que deux cartouches de calibre I6, un briquet et quelques documents. Deux autres caches, vides, sont trouvées par la suite À I2 heures 30, les unités atteignent la rive Sud de l’Oued Ed Douss. Après une pause d’un quart d’heure, le ratissage est repris en sens inverse. À I3 H 50, les compagnies arrivent à la piste de la Crête des Turcs et rejoignent les camions, vers 564. Retour aux cantonnements pour I5 heures I5. La 1ère Compagnie fournit deux postes de garde pour assurer la sécurité en ville de Bouïra. Dans tous les villages et postes du Douar Haïzer et du Douar Innesmane, la fête de l’Aïd El Seghir est célébrée le I8. 


La Section d’intervention, renforcée d’une section de la 1ère Compagnie et d’une section de la 4, effectue un coup de main, le I8, à I9 heures 30, dans le Chabet Iguil Zirkouk. R.A.S. Mis à la disposition du Secteur de Tigzirt par le général commandant la 27ème D.I.A., Partisan 4 est enlevé par hélicoptères le 20 mars à 3 heures. Au cours de la nuit du 20 au 2I, le Chasseur F.S.N.A. Bouguellal de la 3ème Compagnie, déserte de son poste.  Sitôt avisé, le Chef de Bataillon Maraval organise une opération de recherches. Départ de Porcher à 8 H 45. Les sections de la C.C.A.S. s’arrêtent à hauteur du vieux village de Guendour, dont elles fouillent les mechtas abandonnées. Le P.C. et la 1ère Compagnie débarquent à Sélim et grimpent jusqu’à 804. La 1ère prend position sur le Ras Ti Assassine et le P.C. sur 804. La 3ème Compagnie, descendue d’AïN Allouane par la piste de Beni Yagoun, occupe 804, 8I5 et la Djemaa Toumellitine. Elle commence à 9 heures 10 la fouille du terrain en direction du Sud, vers 576 à l’Ouest et 657 à l’Est. Le P.C. fait mouvement sur la piste avec l’élément de droite de la compagnie. 

La C.C.A.S., après avoir fouillé Guendour, descend vers le Moulin d’Afoud et s’aligne sur l’aile droite de la 1ère Compagnie. De concert, les deux compagnies entame le ratissage des ravins qui descendent des Azerou vers l’Acif Boudra. La 4ème Compagnie, après avoir passé l’Oued Ed Douss à gué, a rejoint la 3 et procède avec elle à la fouille des ravins abrupts du Chabet Irzer Tisserift et du Chabet Ouisakan. La progression est très lente, sur ce terrain tourmenté et couvert de fourrés très denses de chênes verts et d’épineux. Le P.C., qui avance sur la piste, dépasse les unités de fouille et arrive, à I3 H 30, sur 536, au Nord-Est de Bou Tiguer. À I4 H 10, une section de la 3 aborde le confluent du Chabet Ouisakan et de l’Irzer Tisserift, où se trouve une cache récemment piégée par Partisan 4. Malgré les instructions données et les ordres reçus, le Chasseur Allavena Robert s’approche des buissons qui en masquent l’entrée et déclenche le dispositif de mise à feu. Il est mortellement blessé par l’explosion qu’il a provoquée. Tandis que le Commandant Lonchampt se rend sur les lieux, le corps est transporté par half-track jusqu’à Bechloul, où une ambulance vient le chercher. Retour des unités à leurs cantonnements pour I8 heures. La levée du corps du Chasseur Allavena a lieu à Bouïra le 22 Affamé et épuisé, Bouguellal, le déserteur, est intercepté sans résistance de sa part, le 24, par le Sous-Lieutenant Duplantier et ses harkis, en embuscade dans la vallée de l’Oued Tassala, où Duplantier s’obstine à situer la cache – ou une des caches – du Sergent Chef Politique Hadid Saïd, « Le Vieux », dont il a fait son ennemi personnel. Les quatre jours d’errance de Bouguellal dans la Forêt des Azerou et dans celle d’El Haïzer prouvent deux choses significatives : il n’a pu obtenir aucun ravitaillement de la population du Douar, ni aucun contact avec les quelques mousseblines survivants. Les 25 et 26 mars, une Compagnie de Marche, composée par moitié d’éléments des 3ème et 4ème Compagnies, et commandée par le Lieutenant Sommeron, s’implante à Beni Hammad, en bastion avancé du bataillon vers l’Est.  

En l’absence du Capitaine Bigot, le Sous-Lieutenant Portier prend le commandement de la 4ème Compagnie et du sous-Quartier d’El Esnam. Partisan 4, depuis le 20 mars, opère dans le Secteur de Tigzirt. Les hélicoptères ont déposé les sections à Tala Mimoun et sur la cote 664, à 1 kilomètre au Sud du village. Le commando effectue la fouille du terrain, vers le Nord-Ouest, jusqu’à 374 et 440, avec pose de mines sur les axes de circulation. La nuit du 20 au 2I se passe en embuscade sur place. Au petit jour, les sections gagnent le village d’Iguer Gueres, qui va, pendant dix jours, servir de base opérationnelle au commando. Fouille de la vallée de l’Oued Smela le 22. Du 23 au 28, une section assure la protection d’un chantier du Génie, tandis que deux autres tendent des embuscades, deux nuits durant, autour des villages d’Aït Attouba et de Tala Mimoun. La compagnie se regroupe le 26 à Iguer Gueres. Journée de repos et de remise en état du matériel. Un champ de mines est établi, le 27, autour de la cote 7I5, sur la piste, entre 708 et 730, à I kilomètre au Sud-Est de 664. Le 28, une section ratisse le terrain au Sud de 374. Au cours de la nuit du 28 au 29, les guetteurs d’Iguer Gueres perçoivent une explosion, en direction du Nord-Ouest. Au jour, une patrouille retrouve le corps d’un fellagha, à sept cents mètres au Sud de 440, sur la piste de Tala Mimoun.  Deux sections fouillent la vallée de l’Oued Tazibt, le 30, tandis qu’une troisième tend une embuscade à la source de Tala Ouriri, au N.O. d’Iguer Guefres. Le 3I, fouille du village de Mazer et des environs. Avril Partisan 4 rentre à Dra El Khemis le 1er avril. Le Général Le Ray, commandant la Z.E.A. et la 27ème D.I.A. passe l’inspection du poste de Merkalla (1ère Compagnie) et du poste de Taourirt Amar, occupé par un groupe de la 4ème Compagnie. Au cours de la nuit du 1er au 2 avril, une patrouille de la 4ème Compagnie, commandée par le Sergent Chef Lespiauc, accroche un petit groupe rebelle sur le plateau, entre le village d’El Esnam et la vallée de l’Oued Ed Douss. Dès les premiers coups de feu, Lespiauc se porte en tête, auprès de ses éclaireurs, tandis que le tireur au fusil lance-grenades, resté en retrait, tire plusieurs projectiles en direction du groupe rebelle. L’une des grenade vient malencontreusement percuter le câble de la ligne à haute tension qui traverse la plaine. Des éclats atteignent dans le dos Lespiauc qui est allongé entre ses éclaireurs, et le blessent grièvement. L’adversaire profite de l’incident pour disparaître dans la vallée.  Le blessé est immédiatement évacue sur l’hôpital de Tizi Ouzou. Le 2 avril -dimanche de Pâques- le Commandant Maraval accompagne la Section d’Alger du Club Alpin Français à la Pointe Reynier. La journée se passe en escalades sous la protection de la Harka d’Aïn Allouane. Jusqu’au 6 avril, patrouilles et embuscades. Travaux de remise en état des lignes téléphoniques. Le 6, sous les ordres du Commandant Maraval, le bataillon participe à une opération de secteur dans la région de Tacca, Agouilal, Iril N’zerouine. Il met en ligne la C.C.A.S. à deux sections (Intervention et Harka d’Irhorat), la 1ère Compagnie avec une section et la Harka de Merkalla, et un sous-groupement 3/4, à deux sections, commandé par le Capitaine Scheibling. Partisan 4 effectue pour sa part, dans le cadre de l’opération, une mission particulière, sous les ordres directs du colonel commandant le secteur. Le convoi, parti de Porcher à 6 heures 10, prend à Aïn Allouane les éléments des 1ère et 3ème Compagnies, pour arriver à 7 heures 35 à Tikjda, où l’on débarque. Le temps est beau. Par la piste d’Iskerene les compagnies gagnent leur base de départ, à hauteur d’Aïn Ilmatene et de la cote 1351, la 1ère Compagnie à l’Est, le sous-groupement Scheibling à l’Ouest Mise en place terminée pour 10 heures 10. 

La C.C.A.S. et le P.C. prennent position sur 1351. Un avion d’observation est mis à la disposition du bataillon par le commandant de l’opération. La fouille du Tacift Ifri commence alors pour les deux compagnies de tête, en direction du Sud. 

La C.C.A.S. suit en deuxième échelon Successivement, les unités de fouille découvrent une gourde pleine de café, puis un chargeur de P.M. Mat 49 garni, légèrement rouillé, et, dans une petite cachette, trois grenades défensives, deux grenades offensives, une grenade fumigène et sept cartouches de 7,65. Le P.C. s’installe à Tacca et donne aux commandants de compagnies de nouvelles missions de fouille. 

La Compagnie Scheibling trouve dans une cache, entre 9I7 et 89I, une touque métallique de cinquante litres, contenant encore une dizaine de litres de pétrole. Dans le ravin du Tacift Ifri, la Section d’Intervention ramasse un bidon vide, une sacoche contenant quelques cartouches de chasse et de guerre, et un rasoir. À proximité, la 1ère Compagnie découvre quelques ustensiles de cuisine et un clips de Garant, dans une cache pour deux hommes. Le Piper marque d’un fumigène une cache dans le Tacift Ifri, à l’Ouest de 750. À proximité, sous deux plaques de tôle ondulée, Intervention met à jour un cadavre. Le corps est revêtu d’un treillis et chaussé de pataugas. Il est assez endommagé, le visage dévoré par des bêtes. Pour le médecin du bataillon, la mort semble remonter à un mois et demi, cause inconnue. Aucun indice ne permet l’identification. Dans la même zone, la 3ème Compagnie trouve une cache vide, recelant quelques paillasses en mauvais état, qu’elle détruit par le feu. La cache signalée par le pilote de l’avion se révèle vide. Les compagnies se dirigent vers Iril N’zerouine où elles rejoignent le convoi vers I8 heures 10. Retour aux cantonnements pour I9 heures I5. Le Capitaine Bigot, commandant la 4ème Compagnie, rentre de permission le 9. Grande activité de patrouilles et embuscades dans tous les sous-quartiers jusqu’au I9 avril.
La Compagnie d’Illilten, qui se trouve dorénavant aux avant-postes, sur la lisière Est de la zone pacifiée par le 22ème B.C.A., se montre particulièrement agissante. La recherche obstinée de l’adversaire aboutit, le I7 avril, à un accrochage avec un groupe de cinq rebelles, qui se dispersent. Une fouille détaillée de la zone permet la découverte de plusieurs caches récemment occupées, contenant quelques pièces d’habillement, des documents et une mine constituée par un obus de mortier de 8I, qui est détruit sur place. Partisan 4 repart, le 11 avril, pour la zone interdite de la Mizrana, et installe de nouveau sa base à Iguer Gueres. Au cours d’une première reconnaissance autour du village abandonné deux abris sont découverts et piégés. Le I2, une section procède à la mise en place d’un champ de mines sur la piste qui passe au Nord de Tala Mimoun et de la cote 627, tandis que les autres fouillent la région à la recherche des caches. Le I3, extension du champ de mines dans la vallée de l’Oued Brika, à l’Ouest du terrain de chasse du commando, et sur les pistes autour des villages de Maiache et d’Arbot, à l’Est. Les dernières mechtas abandonnées de Mazer et de Tala Mimoun sont détruites Au cours de la nuit du I3 au I4, les guetteurs d’Iguer Gueres perçoivent le bruit d’une explosion vers le Nord-Est. Au jour, le I4, une patrouille retrouve le cadavre d’un fellagha sur les lieux de l’explosion, au carrefour de pistes, deux cents mètres à l’Est de 4I6. Une section procède à la fouille des ravins qui descendent vers l’Irzer Hattouche. Quelques mechtas isolées sont détruites entre Iguer Gueres et Attouri. Une embuscade abat un rebelle sur la piste de 627, au Nord de Tala Mimoun. Les mechtas isolées du versant Nord de 4I6, au Nord-Est d’Iguer Gueres, sont rasées le I5. Une section pose de nouvelles mines sur les pistes qui longent l’Oued Brika. Le I6, le cadavre d’un fellagha est trouvé sur la piste du bois d’Arbot, tué par l’explosion d’une mine. Les I7 et I8, le commando nomadise dans le Nord de Tizi N’bou Ali. Le premier jour il implante deux embuscades, l’une autour du carrefour de pistes, à cinq cents mètres au Sud d’Attouri, la seconde au collet situé à cent mètres au Sud de 429, sur la lisière Ouest du village de Tikiouech. Le I8, après une fouille du flanc Ouest du village de Tizi N’bou Ali, deux sections tendent des embuscades à proximité des villages d’Attouri et de Tikiouech. Les guetteurs de Tikiouech aperçoivent cinq.H.L.L., hors de portée des armes. Le I9, relevage des champs de mines les plus éloignés. Une section nomadise dans le bois d’Arbot. Le 20, relevage des mines du bois d’Arbot et de l’oued Brika. Ratissage Nord-Est, Sud-Ouest des ravins qui descendent vers Tala Mimoun, le 2I dans la matinée, et retour à Dra El Khemis dans la soirée. Le I9, sous les ordres du Chef de Bataillon Lonchampt, les 1ère et 3ème Compagnies, le P.I.S.T. et la C.C.A.S. participent à une opération de secteur dans la région de Thiaramtz. La 3ème Compagnie a pris position, en bouclage, entre I055 et 1196, pour 5 heures 45. Le convoi P.C., C.C.A.S. quitte Porcher à 5 heures 30, prend au passage les véhicules de la 1ère Compagnie, et débarque son monde à Sélim à 6 heures. 


La C.C.A.S. et le P.C. gagnent Thiaramtz pour 6 heures 45. À 7 heures, les positions des unités sont les suivantes : - P.C. et C.C.A.S. à Thiaramtz. - 1ère Compagnie en bouclage sur l’Oued Tamarir, à hauteur de 669. - 3ème Compagnie en bouclage entre I055 et 1196. - P.I.S.T. sur 1129. Le P.I.S.T. commence le ratissage du versant Sud du Taouialt depuis 1129, en direction du Sud. Il découvre, vers 975, des traces récentes de passage et de couchage d’un individu isolé. 

La Section Intervention de la C.C.A.S. procède à la fouille de l’Oued El Hadj, à hauteur de Thiaramtz. Le Commandant Lonchampt transmet à 11 heures l’ordre à la 3ème Compagnie de remonter à Aïn Allouane. Poursuivant s0n mouvement, le P.I.S.T. découvre un abri de pierres sèches, recouvert de diss, qui contient quelques vêtements civils. Il rejoint ensuite la C.C.A.S. et la 1ère Compagnie, qui font mouvement vers le Pont de Sélim.  Embarquement sur les véhicules à 11 heures 30. Retour aux cantonnements. L’annonce du putsch d’Alger n’apporte pas de perturbations importantes dans la vie du bataillon. Si il est avéré que certains officiers, sous-officier ou chasseurs y trouvent une espérance de la poursuite de la politique d’Algérie Française, ils ne se sentent pas la possibilité de prendre une décision personnelle dans cette affaire. La position prise par le Commandant Maraval ne laisse de place à aucune ambiguïté : Le Bataillon continue à assumer sa mission, combattre la rébellion et pacifier. L’activité normale continue donc : contacts avec les habitants des villages, embuscades et patrouilles de jour et de nuit, assistance médicale gratuite, fonctionnement des écoles. À Alger, le Général Ailleret succède au Général Gambiez à la tête de l’Armée. La fin du putsch, le 26 avril, qui apporte à certains de douloureuses désillusions et l’angoisse de l’avenir, amène de nouvelles servitudes : le maintien de l’ordre à Alger, où les attentats de toutes origines se multiplient. Le Chef de Bataillon Lonchampt, commandant en second et le P.I.S.T. partent pour Hussein Dey, en renfort. Le 30 avril, une patrouille de la 3ème Compagnie ouvre le feu, de très loin, sur des rebelles, qui disparaissent dans les fourrés vers Tifires. Mai Le 1er mai, la 1ère Compagnie détache un groupe à la garde du dépôt de munitions du Fort Turc. Cette garde sera assurée tout au long du mois par relèves successives des 3ème et 4ème Compagnies. Partisan 4 rejoint la Mizrana le 3 dans la matinée, où il relève Kimono 4 à Iguer Gueres. Au cours de la journée du 4, ses sections nomadisent au Sud et au Sud-Ouest de Tala Mimoun et Aït Attouba, jusqu’à la route qui passe au Sud de 730. Elles relèvent des traces de passage entre la route et le ravin de l’Oued Tazibt et minent les points de passage : collet entre 708 et 730, ravin de l’Oued Tazibt, carrefour de pistes entre 440 et 627.  Au cours de la nuit suivante, une mine est mise à feu, sans résultat. Les journées suivantes se passent en embuscades et grenouillages divers. Le 7, le commando participe à une opération de quartier, sous commandement du 15ème B.C.A..  La 1ère Section assure la garde d’Iguer Gueres le 8, tandis que les autres nomadisent de part et d’autre : Bois d’Arbot, vallée de l’Oued Brika, Sud du village d’Attouri. Le 9, la 1ère Section subit un tir de harcèlement de la part d’un groupe rebelle, qui décroche immédiatement sous la riposte. Le Sergent Albert Lambert, blessé par un projectile adverse est évacué par hélicoptère sur l’hôpital de Tizi Ouzou. Les 3ème et 4ème sections rentrent à Iguer Gueres le 10. Le 11, le commando mine les pistes aux abords d’Ibadounen et demeure en postes de surveillance dans la région. La 2ème Section installe, le I2, un observatoire dans les mechtas en ruine de Tikiouech.  La 4ème Section rejoint le bivouac le I3, tandis que la 3ème Section relève la 2 à Tikiouech. Un autre groupe fouille la vallée à l’Ouest de Tamazirt Ou Rabah et tend une embuscade au carrefour de piste de 695. Ratissage, le I4, des environs de Tikiouech, par trois sections, tandis que la quatrième (en réalité 3ème Section) continue sa mission d’observation à partir du village. Le commando, qui vit en embuscade perpétuelle depuis le 3 mai, s’octroie une journée de farniente et de bains de mer le I5, avant de procéder au relevage de ses champs de mines, dans la matinée du I6. Retour à Dra El Khemis dans la soirée. Tandis que Partisan 4 nomadisait en Forêt de Mizrana, l’activité habituelle du bataillon continuait dans les sous-quartiers, à laquelle venaient s’ajouter les travaux d’installation du poste de Taougnit à la 3ème Compagnie et de construction d’une école au Ras Bouïra par la C.C.A.S.. Les écoles d’escalade ont fonctionné à la Main du Juif les IO et 11 mai, et à la Grotte aux pigeons le I4. 

La Compagnie de Marche d’Illilten, que commande la Lieutenant Sommeron, fait preuve d’une activité particulièrement intense pour se donner de l’air et élargir son périmètre protégé : embuscades de jour et de nuit, patrouilles de plus en plus éloignées de leur base. Sans préjudice de l’escorte, plusieurs jours durant d’un ingénieur en hydraulique, qui vient inspecter l’usine électrique Cette activité amène la découverte, le 6 mai, d’une cache dans le ravin du Tacift Sif Bouiedane, à hauteur d’Agouni Arioul. Le I3, la compagnie est mise en alerte à la suite d’un accrochage survenu entre le commando Kimono 4 et un groupe rebelle à Belbarra, au pied du Lalla Khedidja.  Le I6, au cours d’une fouille des bas-côté de la R.N.30, une cache est repérée à proximité de la maison cantonnière, à l’Ouest de M’zarir. Un fusil de chasse y est récupéré. La cache et ses accès sont minés et une section laissée sur les lieux en embuscade. Le lendemain, elle intercepte un groupe de quatre fellaghas. Au cours de l’accrochage l’un d’entre eux, Ali B0uazziz, Sergent-Chef responsable du Service Renseignements et Liaisons du Kism est abattu et son arme récupérée. Les trois autres se rendent. Partisan 4 effectue un raid de vingt-quatre heures sur Taourirt Tazegouart le 29, cependant que la 3ème Compagnie nomadise à l’Est de Tikjda, entre Iskerene, Talmat et Bou Kelmoun, du I3 au 2I mai L’annonce des pourparlers d’Évian, qui s’ouvrent le 20 mai, renforce l’amertume de ceux qui, par ordre, se sont dépensés à fond pour que l’Algérie reste française. Le cessez le feu unilatéral ne peut qu’augmenter les appréhensions des militaires, qui voient la libération massive des internés des camps de transit apporter à l’organisation politico-militaire rebelle décimée, de nouveaux cadres expérimentés, et renforcer les effectifs des Katibas, même si l’armement et l’approvisionnement en munitions leur fait cruellement défaut. École d’escalade le 20 à la Main du Juif. Le 23, la 3ème Compagnie procède au repli sur Bechloul des familles de Tikjda dont les possibilités de ravitaillement sont devenues précaires. Le même jour, la Compagnie d’Illilten récupère un obus de I05 non explosé et le détruit sur place. Le 24, Partisan 4 est mis en route sur Zéralda, à la disposition du Bataillon de Marche N°4, dont le P.C. est à Ménerville, dans le cadre des unités de maintien de l’ordre à Alger. Le commando y restera jusqu’au 2 juin, date à laquelle il sera relevé par Kimono 4. La fête de l’Aït El Seghir est célébrée dans les villages et les harkas le 25 mai À partir du 29, et jusqu’au 2 juin, la 3ème Compagnie détache une section en protection d’un chantier de travaux sur la R.N. 33. 

La Harka d’Irhorat, en tournée de police dans le Sud de la Forêt des Azerou, le 30 mai, aperçoit six H.L.L. dans la falaise Sud de l’Oued Ed Douss, hors de portée de tir. Juin Le 2 juin, le Lieutenant Pelliet-Cuit, nouvellement arrivé au corps, prend le commandement de la Compagnie d’Illilten, que quitte le Lieutenant Sommeron, arrivé en fin de séjour et affecté au C.I. du 22ème B.C.A.. Le 4 juin, tournée de police et contrôle de la population du village de regroupement des Goumgoumas. La 2ème Compagnie et la C.C.A.S. effectuent, à partir de 5 heures du matin, le bouclage du village. Les hommes sont rassemblés dans la cour du poste où les Capitaines Nodot et Bigot, assistés de l’O.R. du bataillon, procèdent à la vérification des cartes d’identité. Six équipes, fournies par la 4ème Compagnie, et dirigées chacune par un gendarme de la brigade d’El Esnam, procèdent à la fouille des mechtas. Les opérations sont terminées à 7 heures 30.  

R.A.S.. Chaque compagnie rejoint son cantonnement Le 6, Partisan 4, par Aïn Allouane, Tikjda et le Tizi N’kouilal, rejoint, pour trois jours de chasse libre, les flancs Est et Ouest du Lalla Khedidja, vers M’zarir et Irzer. Les pistes sont minées, tandis que les sections implantent embuscades et postes d’observation. Le 7, une embuscade repère un petit groupe rebelle, hors de portée des armes. La même observation est renouvelée le jour suivant. Le commando rentre à Dra El Khemis dans la matinée du 9. Ce même jour, la 4ème Compagnie, en liaison avec un élément du I9ème R.C.C., effectue un ratissage de la vallée de l’Oued Ed Douss, entre les confluents de l’Acif Boudra et de l’Oued Barbar. Le I9ème R.C.C, intercepte deux fellaghas à proximité des ruines d’Akboub et les met hors de combat. Le I2, Partisan 4 débarque à proximité d’Illilten, pour effectuer un raid sur la zone dans laquelle les observations des 7 et 8 juin ont révélé une présence rebelle. L’action, menée au petit jour, permet l’interception du Sergent Chef Akouche Boussaad, de la fraction I, et de son garde du corps, Badis. L’un et l’autre sont abattus. Un P.M. Mat 49 et sept chargeurs sont récupérés, ainsi que quelques documents. Retour du commando dans l’après-midi Le chef de corps offre le I4 un méchoui aux notables du douar, méchoui auquel assistent les commandants de compagnie. Le I6 juin, le Capitaine Scheibling, commandant la 3ème Compagnie remet trois fusils aux membres de l’autodéfense de Tazmout. Le même jour, nouveau départ de Partisan 4 pour Zéralda, en mission de contrôle routier à Chéragas et Ouled Fayet jusqu’au 27. École d’escalade, le I7, à la Grotte aux Pigeons. À Merkalla, le Chasseur Jacques Fleury, victime d’un accident, est évacué sur l’infirmerie de secteur.
La C.C.A.S. continue les travaux de l’école de Tirilt M’tilguit. 


La Compagnie d’illilten pousse ses reconnaissances et ses patrouilles de plus en plus loin Le I7, deux sections poussent jusqu’au Tizi N’kouilal et procèdent à la fouille du versant Est du Terga N’ta Roumi. L’annonce de la rupture des négociations d’Évian, ravive quelque peu l’espoir d’une solution ALGÉRIE FRANÇAISE.  Dans le cadre de l’Opération « Mi Montagne », qui consiste à quadriller en permanence la bande moyenne du versant Sud du Djurjura, la Harka d’Irhorat prend position, le 26, sur le versant Nord du Lalla Khedidja, entre 20I8 et I856; tandis que la 3ème Compagnie nomadise vers Tifires et Aïn Arioul. Le 27, des éléments de la Compagnie d’Illilten effectuent une ouverture de route sur la R.N.30, jusqu’au Tizi N’kouilal, où ils prennent contact avec la Harka d’Irhorat, toujours en poste d’observation. Celle-ci aperçoit, le 29, un groupe d’une vingtaine d’individus armés, sur le versant Sud du Ras Tiguerguert. Renseignements pris, il s’agit d’une Section d’Illilten, qui effectue une reconnaissance vers Tarzout. Juillet Le 1er juillet, la 3 pousse une section sur la crête du Tirilt Takouacht et une patrouille sur le versant Ouest du Terga N’ta Roumi. Le lendemain, cette section découvre une coupure de route sur la R.N. 33, à l’Ouest de la piste du Gouffre de l’Akouker. Partisan 4, par Aïn Allouane et Tikjda, rejoint sur véhicules le Col du Tizi N’kouilal, où il débarque, dans la soirée du 3. Progression vers l’Est, en direction du Col de Tirourda. Mise en place d’embuscades protégées par mines pour la nuit, au Sud de la Grotte aux Singes. Au cours de la journée du 4 juillet, un rebelle armé est intercepté et abattu : Abdelhamid. Son arme, un pistolet mitrailleur Béretta, est récupérée. La nuit suivante, la journée du 5, et la nuit du 5 au 6, se passent sans incidents. Le 6, un groupe de trois H.L.L., venant du Nord, vient buter dans une embuscade. L’accrochage est court et brutal, tous trois sont mis hors de combat. Ils appartenaient à la Zone Nord du Djurjura : Sous-Lieutenant Abdallah Ben Meziane, Sergent « Si Abdallah », Djoundi Ahmed Chellata. Un P.M. mat 49, un fusil semi-automatique, un P.A. et des documents sont saisis. Le commando rentre le 7 juillet à son cantonnement. Au cours des jours suivants, la C.C.A.S. effectue le captage d’une source, au bénéfice des habitants du Ras Bouïra. Le 10, Partisan 4 est mis pour vingt-quatre heures à la disposition du Quartier des Ksars, pour une opération dans le Djebel Tigrine. La Harka d’Irhorat rejoint ses emplacements d’observation au Nord du Lalla Khedidja.  Le Lieutenant Jean-Paul Monange prend le commandement de la 3ème Compagnie, à la tête de laquelle il succède au Capitaine Scheibling, affecté au centre d’instruction du 6ème B.C.A.. Alors que toutes les compagnies préparent activement la prise d’armes du I4 juillet, un véhicule de la Compagnie d’Illilten, qui effectuait une liaison de ravitaillement auprès du 50ème R.A. à Maillot, quitte la route dans un virage et se retourne. Le Sergent Bellout Hamimi, les Chasseurs Louis Collanti et Loghar Ati, atteints de blessures diverses, sont évacués sur l’hôpital de Tizi Ouzou. Le Chef de Corps, le Fanion du bataillon, la C.C.A.S et les 1ère et 2ème Compagnies participent à la prise d’armes du Secteur de Bouïra et au défilé qui lui succède. Sitôt celui-ci terminé, la 2ème Compagnie (Partisan 4) est mise à la disposition du commandant du Quartier des Ksars, pour prendre part à une recherche de déserteurs du poste de Tiliouat. Partisan 4 rentre le I5, tandis que la 4ème Compagnie est mise pour quarante-huit heures à la disposition du Secteur de Sidi Aïche. École d’Escalade, les I6 et I7, à la Grotte aux Pigeons, sous la protection de la Harka d’Irhorat. Le soir, par le chemin habituel, Aïn Allouane et Tikjda, les camions de Partisan 4 amènent le commando jusqu’au Tizi N’kouilal, avant de redescendre se garer au poste d’Illilten. De nuit, Partisan 4 rejoint le lieu des accrochages des 4 et 6 juillet. La région, en limite de deux zones de la Willaya 3, parait être le refuge des fellaghas de la zone Nord, mais aussi de ceux de la Nahia 322. La vallée de l’Oued El Ham, au Nord, et la cuvette d’Irzer, au Sud, sont des voies d’accès pratiques et relativement bien camouflées jusqu’à la crête du Djurjura, sur laquelle serpente la R.N.30. Les sections se répartissent en embuscades protégées, à leur habitude, par un réseau de mines, et s’étouffent dans les buissons, en lisière des bois d’Aït Ouabane. Les journées et les nuits se succèdent : I8, I9, 20 juillet, qu’aucun incident ne vient troubler. Vers midi, le 20, le Capitaine Gaston, par radio, donne à ses sections les ordres pour le décrochage au petit jour, le 2I. En fin d’après-midi, ses guetteurs lui signalent un groupe d’une vingtaine d’hommes armés, revêtus de tenues de combat disparates, qui montent en colonne par un par la piste de l’Irzer. Quatre éclaireurs marchent en tête. À vingt ou trente mètres en arrière, cinq hommes; puis un groupe de six, et vingt mètres plus loin une sorte d’arrière garde. Alerte pour toutes les embuscades. Laisser approcher. N’ouvrir le feu qu’après l’explosion de la mine qui ferme le cul de sac du piège. Les autres ne se doutent de rien et avancent toujours. Ils abordent le replat et continuent d’avancer et défilent devant une première embuscade qui reste immobile, plaquée au sol. Ils arrivent au niveau de la Section de commandement, avec laquelle se tient le capitaine. Quelques mètres encore. Les hommes de tête sont projetés par l’explosion de l’obus de 8I qui éclate sous leurs pieds.  Minute de flottement dans les groupes qui suivent, tandis que les chasseurs tirent de toutes leurs armes. L’adversaire, qui s’est ressaisi, riposte et utilise le terrain pour s’abriter. Quelques rebelles s’engagent sur un sentier qui part vers le Nord, et déclenchent un nouveau piège quelques mètres plus loin. Le Chasseur Henri Guenez, qui s’était soulevé pour mieux ajuster son tir, retombe, atteint d’un projectile. La nuit est maintenant tombée. Le Capitaine Gaston transmet aux sections les plus éloignées, et qui n’ont pas pris part au combat, l’ordre de rester sur place, en défensive. On ira aux résultats au petit jour. La nuit est relativement claire. Attente fiévreuse du jour. Guenez, dont la blessure n’est pas grave, a été soigné sur place; il sera évacué demain. Un premier compte-rendu de l’accrochage est transmis au P.C. du bataillon. Lorsque le jour se lève, après avoir désamorcé les pièges, les sections reviennent vers le lieu de l’accrochage et ratissent le terrain. L’un après l’autre, six cadavres sont repérés. Un peu plus loin, derrière un rocher, un homme se redresse. Une courte rafale, il retombe. Il sera le premier identifié par un carnet trouvé sur lui : le Commandant Si Salah, chef de la Willaya 4, qui était allé à Paris proposer au Général de Gaulle le ralliement de ses troupes à la PAIX des BRAVES. Blessé au cours de l’accrochage, la veille au soir, il n’avait pu s’enfuir. Autour de lui, le Lieutenant Aouchiche Ali, Dit Boudjema, de la Zone 32, le Sous-Lieutenant Gharbi Hadj Chérif, commandant la Nahia 32I, et les hommes du commando régional, ex Katiba 322, les éclaireurs de tête : Le Sergent Abboute Mohand Akli, le Sergent Saadi, et deux djounoudes non identifiés. Ils escortaient le Commandant Si Salah jusqu’au P.C. de la Willaya 3, sur la route qui devait le conduire en Tunisie, où le G.P.R.A. l’attendait pour le faire passer en jugement. Un P.M. Mat 49, un fusil U.S. MI, trois carabines américaines, deux fusils de chasse, des munitions et de nombreux documents, dont le carnet de route de Si Salah, sont récupérés. Une paire de jumelles, identifiées comme appartenant à l’Aspirant Ahmed Cherarak, de la Région 32i, – vieille connaissance du bataillon – fait croire un moment qu’il figure parmi les morts. Il n’en est rien. L’homme a réussi à s’enfuir… pour quelques mois encore. Un hélicoptère vient chercher les armes et les documents, qui sont amenés au 2ème Bureau du Secteur de Bouïra, tandis que Guenez est évacué sur l’hôpital de Tizi Ouzou. Partisan 4 rejoint sa base dans la soirée, après que les officiers du 2ème Bureau de l’État-major de la Xème Région soient venus procéder à une enquête sur le terrain. Sur ordre supérieur, le cadavre de Si Salah sera ramène quelques jours plus tard à Bouïra, pour y être inhumé avec les honneurs militaires. Le 24 juillet, les éléments précurseurs de l’escadron du I9ème R.C.C., qui doit relever la 4ème Compagnie, se présentent à El Esnam. Les jours qui suivent sont occupés par la relève des postes satellites du sous-quartier : Djadi, Taourirt Amrane, Karrouba et Goumgoumas. Le 27, alors que la moitié de l’effectif de Partisan 4 s’en va passer trois jours au Centre de Repos de Tigzirt sur Mer, en lisière de la Forêt de la Mizrana, le 22ème B.C.A., sous les ordres du Chef de Bataillon Maraval, participe à une opération de secteur en Forêt des Azerou.  

8 septembre, 2007 à 14:43


Laisser un commentaire